|
|
|
|
Les conversations ne sont pas des
entretiens, des interviews, elles autorisent des interventions ponctuelles.
Ici l'artiste Hans Bouman nous parle de certaines de ses oeuvres récentes.
Ce texte peut évoluer. D'autres personnes
interviendront peut-être. Cette version n'est pas définitive. |
Intervenants :
•••
Hans Bouman
(plasticien)
•••
Emmanuel Luc
Note : les liens
conservent leur
couleur habituelle
sur ArtRéalité.com |
|

Extrait de L'eau d'en haut,
Hans Bouman © |
|
Voir "L'eau
d'en haut"
-
Débit moyen format standard
-
Version haut débit grand format
-
Haut débit format standard |
|
Emmanuel : Hans d'abord merci d'avoir accepté
la diffusion de L'eau d'en haut (2006) lié à l'artiste Christine Jean
et de Joseph K.,
inspiré d'une nouvelle de Franz Kafka, Un rêve.

Extrait de Joseph K,
Hans Bouman ©
Tu as commencé ces travaux en vidéo à partir
de 2005 mais ils montrent un vraie maîtrise de ce médium. Alors
que le public connaît encore surtout ta peinture et ta sculpture, as-tu
développé avant 2005 d'autres travaux audiovisuels ou ce coup de maître
était-il un coup d'essai ?
|
|
Voir "Joseph
K."
-
Version haut débit grand format
-
Haut débit format standard |
|
Hans : Quand j'étais étudiant
aux Beaux-Arts à la fin des années 70, les premières caméras vidéo sont
apparues. Quelques artistes les ont introduites dans le domaine de l'art.
J'étais déjà très tenté d'en acheter une, mais elles étaient très coûteuses
et le montage se faisait par le biais des professionnels. Je me suis plutôt
concentré sur la photographie, dont le "montage" se faisait tranquillement
dans ma salle de bain. Je n'ai jamais abandonné ce médium. Au milieu des
années 90 sont apparues les premières caméras abordables et en plus en
couleur ! Je suis parti avec ma caméra au Burkina Faso et au retour, en
voyant les images, j'ai été surpris de constater que la vidéo s'avérait
d'être un bien meilleur outil de souvenir que les photos ; il y a bien sûr
l'image, mais également le son, l'ambiance...
Au bout d'un moment, j'eus le désir d'aller plus loin. À l'époque, je
retournais régulièrement en Afrique. J'entamais un série de portraits vidéos
de personnages singuliers que je rencontrais au hasard de mes périples. Je
les gardais tels quels, sans montage.
Peu à peu des logiciels de montage ont vu le jour et au lieu de monter la
vidéo de manière séquentielle, je pouvais remanier l'image et le son à mon
gré. Et tout ça devant l'écran de l'ordinateur à la maison : la boucle était
bouclée.
Au début je manipulais des images issues de sources différentes : des scans
de dessins, des photos, des sons, des images vidéos... |
|
Voir le site de Hans Bouman |
|
En 2005, Gérard-Georges
Lemaire, m'a demandé de faire une œuvre originale en vidéo pour une
exposition autour de Franz Kafka. Je n'ai pas hésité une seconde !

Extraits de Joseph K.,
Hans Bouman ©
Emmanuel : L'eau d'en haut qui traite d'eaux… de surface ou d'interface me
semble avoir la richesse de ce qui fait une œuvre exceptionnelle : tout
affleure, l'émotion esthétique est puissante mais rien n'est dévoilé, rien
n'est imposé. C'est absolument sans lourdeur. Toutes les formes sont
éphémères et finalement ce sont les mouvements de ton ULM et ceux de ce
paysage d'un jour comme les transformations sur la toile de Christine Jean
qui semblent faire sens. En fait, cette œuvre ressemble énormément à un
voyage. Or tu as beaucoup voyagé et pas seulement de Haarlem à Paris. Est-ce
que tu fais un lien entre cette vidéo et ta propre expérience du voyage ?
Hans : Finalement pour moi tout est voyage, nourri par
mon dessein de poursuivre ma quête de cette beauté irrationnelle qui
s'appelle l'art.
Depuis toujours, je suis émerveillé par la beauté de la nature que l'on
découvre lors des voyages : les couleurs, les lumières, le silence... Mais,
malgré plusieurs tentatives, je n'ai jamais réussi à la capter de façon
satisfaisante en images ; ni en peinture, ni en photo ou en vidéo.
Avec le vol en ULM pour L'eau d'en haut, une caméra fixée en dessous
de l'appareil, une autre dans la main, j'ai finalement obtenu ce que je
n'avais jamais réussi auparavant : enregistrer la nature en rendant compte
des trois éléments que j'ai cités en haut : couleurs, lumières, silence...
Emmanuel : On te connaît en peinture et en sculpture un thème assez
récurrent, la tête. Or dans ces vidéos il n'en est pas question. Est-ce que
le fait de changer de médium et donc sans doute de méthode, d'approche
artistique, est une libération, une évolution, un éloignement, un
aboutissement peut-être, ou bien quelque chose que tu souhaites maintenir
absolument isolé et parallèle à ton travail sur les médias classiques ?
Hans : Le lien entre les vidéos et mon expérience se
situe dans le fait que je me suis aventuré comme un voyageur dans un champ
artistique qui n'est pas ou pas encore mon domaine de prédilection. C'est
excitant, c'est nouveau, c'est comme la première fois où je me suis rendu à
Paris en mobylette, j'avais dix-sept ans.
|
|
Lien sur Gérard-Georges Lemaire |
|
La tête et oui toujours la tête ! Je dirai plutôt mon désir de la présence
de l'être humain sous forme de tête. L'eau d'en haut sur Christine
Jean et Homo Pictor sur le travail de Milshtein, étaient des
commandes qui me permettaient peu d'intégrer la présence de la tête, mais
par contre la présence humaine y est. Les deux sont tournées en partie dans
leurs ateliers respectif.

Extrait de Homo pictor,
Hans Bouman ©
Ce qui me plaît dans la commande en général, c'est qu'elle m'oblige à
réfléchir différemment. Il faut laisser de côté son savoir "penser". Il faut
me diriger dans un domaine où il y a des contraintes. Cette privation de
liberté est presque un soulagement. Les vidéos, que j'ai réalisées sur Zwy
Milshtein et Christine Jean sont de cet autre ordre là. Ce n'est plus ma
responsabilité par rapport à mon travail habituel, je m'absente, je
m'oublie, j'emprunte un chemin inconnu.
Dans ce sens, la vidéo existe en parallèle avec les autres façons dont je
dispose pour m'exprimer. Quand les images en peinture ne me viennent plus,
quand mon atelier devient irrespirable, je fais mes paquets pour partir en
Afrique ou ailleurs pour y faire des sculptures en bronze, une vidéo.
Ainsi la vidéo, devient une autre échappatoire. Il très fort probable qu'un
jour je ferai une vidéo en toute liberté dans laquelle la présence de l'être
humain sera au premier plan. |
|
Site de Christine Jean
Site de Zwy Milshtein |
A suivre |
|
|
|
| |
| |
|
|
|

Communication  |
|
|